Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet : entretien avec la chorégraphe, Namkyung Kim

Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet a été créé par le Théâtre de l’Éventail et l’Ensemble La Rêveuse en juillet 2016 au Château de Chambord.

Pour ce spectacle, le metteur en scène, Raphaël de Angelis, a choisi de travailler avec Namkyung Kim, chorégraphe coréenne et danseuse notamment pour Le Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault, Yoshi Oida, ainsi que pour James Thierrée.

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Entretien avec Namkyung Kim

Quelle place la danse tient-elle dans Monsieur de Pourceaugnac ?
Dans ce spectacle, la musique soutient la danse, la danse soutient le théâtre, le théâtre soutient la musique, etc. : les différentes formes d’expression interagissent. La scène est finalement un peu comme une boîte à musique pleine de langages, dont certains dansent, bougent et cherchent la sortie, pour aller vers le spectateur.

Comment s’est passé le travail chorégraphique ?
L’idée était pour moi de chercher la manière d’aborder cette pièce ancienne aujourd’hui, en 2016. L’objectif était donc de renforcer les textes, mais surtout de dévoiler la face cachée des personnages avec toute leur violence, le plaisir qu’ils prennent à manipuler les autres, à se moquer, en perdant en quelque sorte leur humanité et leur âme. Les chorégraphies sont certes drôles, mais elles viennent aussi intensifier la réflexion essentielle de la pièce : pourquoi rit-on de cette horrible situation ?monsieur-de-pourceaygnac-eventail-a-deregel

Dans le spectacle, ce sont les comédiens et les chanteurs qui dansent sur scène. Ils ne sont donc pas danseurs professionnels…
C’est vrai qu’ils ont eu beaucoup de patience ! Mais ils ont une véritable capacité à s’exprimer avec leur corps : nous sommes tous des artistes et ce qui nous différencie, c’est simplement le moyen dont nous nous exprimons. Pour que la danse ait un sens, il fallait aller à l’essentiel, aller vers la simplicité dans les mouvements. Il a fallu trouver les idées gestuelles avec eux, en fonction de leur personnage. Nous avons finalement créé une forme de danse qui se rapproche du théâtre, avec simplement plus de volume dans les déplacements et les attitudes.

Quel est finalement l’écho de cette pièce dans la société actuelle ?
La manipulation est une thématique très contemporaine. Dans notre société, je pense que nous vivons manipulés sans nous en rendre compte, un peu comme Monsieur de Pourceaugnac…