Le Chat Botté

CB

Le conte a cette magie, cette puissance archaïque, de venir des fonds des temps et de nous parler encore.

Pour cette 2e création jeune public, nous avons choisi de poursuivre notre travail sur le conte que nous avons initié lors de notre première mise en scène.

D’une part, parce que monter Le Petit Chaperon Rouge et le jouer près d’une centaine de fois a été pour nous un vrai plaisir. Nous avons pu constater lors des rencontres avec le public qui suivaient les séances scolaires à quel point les enfants sont heureux de voir vivre ces personnages dont ils ont tant entendu parler.

D’autre part, le conte, par sa portée universelle, s’adresse à tous. Dans une société très marquée par l’individualisme il nous semble capital de proposer aux jeunes générations, plus sensibles, un spectacle qui permette une évasion.

La pièce

Le Chat Botté apparaît pour la première fois dans un ancien conte italien du début du XVIe siècle écrit par Giovanni Francesco Straparola. La version classique de ce conte est écrite à la fin du XVIIe siècle par Charles Perrault. Elle provient d’un manuscrit illustré, intitulé Les Contes de ma mère l’Oye, et daté de 1695. Le Chat botté connaît instantanément le succès et reste populaire de nos jours, malgré une morale ambiguë.

L’histoire du Chat Botté

Il relate l’histoire du plus jeune fils d’un meunier qui hérite du chat de son père. Au décès du meunier, celui-ci lègue son moulin au premier fils, son âne au deuxième et son chat au dernier.

Désespéré, le dernier fils s’apprête à manger le chat pour survivre lorsque celui-ci le convainc de lui confectionner des bottes et de lui donner un sac. À l’aide de ce sac, il capture des animaux dont il fait cadeaux au Roi au nom d’un certain Marquis de Carabas.

Apprenant que le Roi et sa fille allaient faire une promenade au bord de la rivière, le Chat Botté propose à son maître de s’y baigner. Au passage du carrosse royal, le chat hurle : « Au secours ! Au secours ! Voilà monsieur le marquis de Carabas qui se noie ! ». Inventant un vol de vêtements, le chat présente le fils du meunier au Roi, qui lui fait apporter de fins habits. Le Chat Botté précède le carrosse et convainc les paysans de soutenir que les terres environnantes appartiennent au marquis de Carabas.

Il parvient au château d’un riche ogre qu’il met au défi de se transformer en souris, pour le manger aussitôt. Alors que le carrosse atteint le château, le chat accueille le Roi : « Votre Majesté soit la bienvenue dans ce château de monsieur le marquis de Carabas ! ». Le Roi, séduit par la richesse du marquis, et la princesse par sa beauté, sont charmés. Le jeune meunier épouse la princesse le jour-même et le chat devient grand seigneur.

Il existe de très nombreuses analyses et études, consacrées aux personnages et aux thèmes, de ce conte du point de vue de la symbolique et la morale. Le Maître chat ou le Chat botté peut être vu comme un récit initiatique avec par exemple le combat contre l’ogre, comme un reflet des mœurs de l’époque de Perrault (investiture royale, rôle de la bourgeoisie, droit d’aînesse…), tout comme une histoire immorale faisant l’apologie de la ruse et de la tricherie au détriment du travail honnête.

Le Chat botté connaît une diffusion fulgurante et mondiale, au point d’inspirer des dessinateurs, compositeurs, chorégraphes, et de nombreux autres artistes.

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L’adaptation du conte de Charles Perrault

Ce spectacle est fondé sur la version de Charles Perrault, avec un travail d’adaptation entrepris par Cécile Messineo.

Alors que Le Petit Chaperon Rouge est un conte d’avertissement, nous sommes ici face à un récit initiatique, qui présente aussi une rude critique sociale. En effet, le fils du meunier, dernier de sa fratrie, et le chat, sont des êtres fragiles mais particulièrement rusés, alors que les puissants, le roi et l’ogre, sont finalement bernés. Sans trop le marquer, cet aspect du conte sera approfondi dans l’adaptation, car finalement sa morale pourrait être : l’union fait la force.

Un théâtre physique

Le Chat Botté fonctionne comme un canevas de commedia dell’ Arte. En effet, le chat peut être vu comme un Arlequin n’ayant d’autre choix que d’aider son maître dépourvu pour subsister. C’est ainsi l’occasion de joindre deux univers autour desquels la compagnie travaille depuis de nombreuses années.

Le masque d’Arlequin étant inspiré du chat : il est donc apparu comme évident que notre Chat Botté serait masqué. Son jeu est physique et se base sur l’ambiguïté de la métamorphose, ce qui cadre parfaitement avec le merveilleux du conte. Le spectacle se fonde aussi sur des improvisations afin de créer des lazzi, moment de jeu comique durant lequel l’intrigue s’arrête.

Les personnages du Chat Botté

Le Chat Botté, le fils du meunier, le roi, la princesse et l’ogre, sont les 5 personnages du conte.

Le chat et le fils constituent un duo proche du schéma maître-valet bien connu dans le théâtre classique.

Quant au roi et à l’ogre, les deux images du pouvoir abusés par le chat, il s’agit de deux figures comiques : en effet quoi de plus plaisant que de voir deux puissants se faire embobiner grâce à la ruse d’un plus faible ? Ils ont ainsi une image grossière et cruelle. Ainsi, le roi n’est pas masqué, mais maquillé outrancièrement afin de souligner son côté ubuesque.

Enfin, il y a le personnage féminin, la princesse, qui n’a pas une présence très marquée dans le conte de Perrault. Dans cette adaptation la princesse a une vraie place, avec un point de vue plus prononcé. Fait-elle partie du complot, comme ce serait le cas dans un canevas de Commedia dell’ Arte ? Est-elle plus fine que son père ? Débusque-t-elle la supercherie ? Est-elle heureuse de son sort ? Consent-elle de si bonne grâce à épouser le marquis de Carabas ? Voilà autant de pistes pour approfondir cette figure essentielle à l’intrigue mais si peu traitée dans la version de Charles Perrault.

L’esthétique de ce spectacle jeune public

La scénographie est conçue pour souligner le fantastique du conte et créer un espace onirique, avec des volumes et des perspectives inspirés par le travail que l’on retrouve dans les livres pop-up, ces livres plats qui prennent la forme de ce qu’ils racontent lorsqu’on en tourne les pages.

La scénographie est évolutive, comme si on tournait les pages d’un livre : à chaque nouveau tableau, un nouvel espace apparaît à partir de l’ancien. Pour échapper à un réalisme qui cadrerait mal avec le merveilleux du conte, les esquisses de Salvador Dalí et le travail architectural de Jean Dubuffet ont fait partie des inspirations des deux metteurs en scène.

Les jeux de lumières donnent également du relief à un monde de papier. Les costumes soulignent les archétypes de chaque personnage et se mêlent à la scénographie abstraite en amenant de la couleur sur le plateau. Les personnages sont ainsi comme des tâches de couleurs sur une page blanche. Cet effet de contraste rappelle une fois de plus les illustrations des livres d’enfant.

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L’équipe du Chat Botté

Mise en scène : Brice Cousin et Cécile Messineo
Comédiens : Nastasia Berrezaie, Brice Cousin, Cécile Messineo, Maxime Vambre

Régisseur : Noémie Boggio
Masque : Den
Graphisme et affiche : Élise Ruprecht
Photos : Joséphine Lointaine
Vidéo : Association Cent Soleils

Soutiens et partenaires du Chat Botté

Avec le soutien du Conseil général du Loiret, de la ville d’Orléans, de La Région Centre-Val de Loire, de La DRAC Centre, de la ville de Chalette-sur-Loing, du Musée du Théâtre Forain et du 108 Maison Bourgogne.


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> Presse et public : ils parlent du Chat Botté

PROFESSIONNELS : Fiche technique du spectacle


Les photos du spectacle