L’homme aux semelles de vent

La poésie d’Arthur Rimbaud mise en spectacle

lhomme-aux-semelles-de-vent-j-lointaine-7La pièce

Rimbaud est insaisissable. Sa personnalité aux multiples facettes et sa vie d’aventurier suscitent beaucoup de fantasmes. Il est ce génie précoce, poète maudit, mystique, homosexuel…

Pour ce spectacle, il fallait éviter l’écueil de confondre sa biographie avec son œuvre. Ainsi, il ne s’agit pas d’un spectacle sur Arthur Rimbaud : les acteurs n’incarnent pas le poète, mais bien ses poèmes.

L’essentiel à nos yeux est que sa poésie circule entre les acteurs et le public, sans l’alourdir d’effets scéniques ou techniques : L’homme aux semelles de vent tient à ce titre plus d’un récital de poésie que d’un spectacle.

L’œuvre de Rimbaud

Rimbaud est une comète dans la littérature française. En cinq ans, de 1870 à 1875, il écrit son œuvre. Elle commence par des poèmes d’inspiration classique et s’achève par cette forme inédite que constituent les Illuminations. L’œuvre de Rimbaud changera radicalement la poésie française. Il ouvre la voie au surréalisme, transforme le rapport au rythme et à l’évocation, et laisse en héritage aux futurs poètes, une toute nouvelle façon d’appréhender l’écriture.

Sa décision de cesser d’écrire est brutale : c’est comme un grand silence, un acte presque violent. Mais il laisse aussi de cette façon place à une toute nouvelle génération de poètes ; il y a ainsi un avant et un après Arthur Rimbaud.

Ce spectacle propose une traversée de son œuvre, de ses premiers poèmes adolescents aux Illuminations, les poèmes incontournables seront des charnières. L’ordre ne sera pas nécessairement chronologique, au contraire : mêler les époques, les styles et les préoccupations est une façon de surprendre et de dérouter le spectateur, de rendre son écoute plus active. Le but est de créer une attention plus sensorielle qu’intellectuelle, de faire place à la force évocatrice du poète.

Ses poèmes donnent de la force et de la vitalité : il n’est pas sombre, mais plutôt furieux, sauvage, libre et donc follement lumineux.

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Une forme légère qui abolit la barrière acteurs/spectateurs

Ce spectacle se veut « une petite forme » facilement transportable et adaptable à tous types de lieux. Une scénographie légère et une technique réduite permettent de proposer ce spectacle dans des salles aussi variées que des théâtres, des bibliothèques, des auditoriums, des salles de classe, et mêmes des bars…

L’équipe se compose d’une actrice et d’un acteur, tous deux admirateurs du poète, sensibles au mystère dont se teint sa vie et son oeuvre, ainsi que d’un musicien.

Avec ce spectacle, ce qui est primordial c’est de supprimer la barrière classique entre les acteurs et les spectateurs. Dès leur entrée, ces derniers sont donc pris en charge par les acteurs qui tentent de les mettre dans les meilleures conditions. Rimbaud est un auteur sensuel, il écrit la couleur des voyelles, évoque le « long dérèglement de tous les sens », invente des rythmes inouïes. La sensation est donc une des clés de son œuvre, et est donc centrale dans le spectacle. Créer une grande proximité avec le public et l’œuvre, proposer une expérience inédite est peut-être le moyen le plus efficace de faire entendre ses poèmes.

Enfin, la parole de Rimbaud est très dense. Elle demande donc beaucoup de concentration de la part de l’auditoire. C’est pourquoi des temps de respiration et de détente sont aménagés durant le spectacle.

Une scénographie qui accentue les sensations

La scénographie tient plus du dispositif. Ainsi le public est de plein pied avec les acteurs, installé de façon circulaire. La scène est donc une piste, recouverte de terre. Cette matière organique et sensuelle résonne avec l’écriture terrienne de Rimbaud. Les acteurs sont au centre de l’arène mais également parmi les spectateurs ou encore en périphérie du cercle, derrière les spectateurs, jouant ainsi avec les perceptions de ces derniers.

Le musicien percussionniste ferme le cercle avec sa batterie. Tambours, clochettes, bols, cymbales et archers forment en eux-mêmes une scénographie étonnante tout droit sortie d’une malle de voyage ou d’une caverne d’Ali baba.

Le tout est éclairé par quelques projecteurs qui créent un clair-obscur propice à la rêverie.

La sobriété de ce décor permet de jouer sur les sensations des acteurs et des spectateurs, sans alourdir le spectacle d’effets. Le cercle et l’absence de scène rappellent le rituel ou la veillée, il induit inconsciemment un autre rapport entre le public et les acteurs.

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La musique dialogue avec les poèmes de Rimbaud

La musique est comme un troisième partenaire, elle participe au poème, dialogue avec lui.

La percussion est un élément qui correspond parfaitement à la pulsation rimbaldienne. Elle possède aussi cette qualité de pouvoir être très grave ou très cristalline. Autant de contrastes qui siéent aux sensations recherchées. Le musicien travaille aussi les silences, en les intensifiant grâce à des sons continus, ou en les faisant apparaître, tout simplement.

La musique crée aussi une cohésion dans ce patchwork de poèmes : qu’elle les accompagne, les précède ou qu’elle disparaisse, elle est comme un liant, une énergie qui s’additionne.

L’équipe de L’Homme aux semelles de vent

Mise en scène : Cécile Messineo
Assistant mise en scène : Christian Dupont
Comédien :  Valentin Boraud et Cécile Messineo
Percussions : Florian Satche


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Les photos du spectacle